Le signe est l’élément matériel de l’expression linguistique : ce que l’on peut voir, écrire, et prononcer.
Exemple : le mot « Vénus », ou encore « l’étoile du soir », ou « l’étoile du matin ».
C’est la forme linguistique brute, dépourvue de signification si on la prend isolément.
Le sens, chez Frege notamment, est la manière dont l’objet est donné à la pensée.
C’est la perspective cognitive, l’angle sous lequel nous appréhendons la référence.
Deux signes différents peuvent renvoyer à la même référence, mais chacun porte un sens distinct.
Exemple classique :
« L’étoile du matin » et « l’étoile du soir » ont la même référence (la planète Vénus). Mais ils n’ont pas le même sens : l’un la désigne comme l’astre visible à l’aube, l’autre comme celui visible au crépuscule. Le sens est donc ce qui donne contenu à notre pensée, ce qui nous permet de comprendre la référence sans nécessairement la percevoir directement.
La référence est l’objet réel ou l’entité désignée par le signe à travers son sens.
Dans l’exemple : l’étoile du matin, l’étoile du soir, et Vénus → la référence est bien la planète Vénus elle-même, visible dans le ciel, présente physiquement. La référence est ce qui se tient hors du langage et de la pensée, ce qui existe indépendamment de nos signes et sens.
Signe : l’expression matérielle, le mot, la suite de lettres ou de sons.
Sens : la manière dont l’objet est pensé, la « voie d’accès cognitive ».
Référence : l’objet lui-même, ce à quoi l’expression renvoie dans le monde.
Signe : « le philosophe de Bâle » / « l’auteur de Zarathoustra » / « Nietzsche ».
Sens : chaque appellation fait surgir une image ou une perspective différente de Nietzsche (professeur, prophète lyrique, dynamiteur des valeurs, etc.).
Référence : Nietzsche lui-même, en chair et en os !
Prenez une référence, et trouvez lui un ou plusieurs signes ainsi que leur sens !