Je vais faire quelque chose de rare : montrer ma propre vision du monde, de manière assez synthétique évidemment.
Moi, je crois en l'Homme comme puissance en devenir, jamais fixé, et toujours capable de se transformer – mais je refuse l'illusion progressiste selon laquelle cette transformation serait automatique ou garantie. L'Homme peut s'élever ou se déchoir, devenir surhumain ou dernier homme, et rien n'assure le sens de cette évolution ! Je crois que la société devrait maximiser l'autonomie individuelle et minimiser la contrainte étatique… d'où mon penchant pour le minarchisme ! Non pas parce que je crois que « l'Homme est naturellement bon », mais précisément parce que je sais qu'il ne l'est pas toujours, et que concentrer le pouvoir entre les mains d'une élite est la recette garantie de la tyrannie et du mal. Hayek et Bastiat l'ont démontré économiquement par exemple : les systèmes décentralisés, imparfaits mais adaptatifs, valent mieux que les planifications centrales, parfaites en théorie mais catastrophiques en pratique. Vous pouvez aussi aller lire Clastres sur l’idée de faire société sans Etat. Je crois aussi que chaque individu est totalement responsable de ce qu'il devient. Pas au sens moral culpabilisant, mais au sens existentiel : tu es l'auteur de ta vie, que tu le veuilles ou non. Même le refus de choisir est un choix ! Cette responsabilité est terrifiante – c'est pour cela que tant de gens la fuient – mais c'est aussi la seule source de véritable liberté à mon avis.
Je ne crois pas en un sens préexistant de la vie. Je crois qu'il faut le créer, le forger, à coups de marteau et de volonté ! Comme l'alchimiste transforme le plomb en or, l'Homme doit transformer sa souffrance en force, son chaos en ordre, son absurdité en beauté. Pour se faire, il doit se transfigurer ! Je ne crois pas au progrès linéaire de l'humanité. Je crois aux cycles, aux montées et aux chutes, aux civilisations qui naissent et qui meurent. J’ai surement du sang héraclitéen sur les bords : « Tout coule, rien ne demeure. » Le changement est la seule constante finalement, et s'accrocher à l'illusion de la stabilité, c'est se condamner à une souffrance dont on pourrait se passer.
Je crois que la vitalité prime sur la vérité. Non pas que la vérité soit sans valeur, mais parce qu'une vérité qui affaiblit, qui paralyse, qui dévitalise… est moins précieuse qu'une « illusion » qui te rend plus fort, plus vivant, plus capable d'agir ! Nietzsche disait encore : « La vie est le critère de la vérité. » Voilà ma vision du monde. Elle n'est pas « vraie » au sens absolu, mais elle est mienne. Elle a été forgée par mes lectures (Nietzsche, Camus, Dostoïevski, Thoreau, Anders, Chestov, Jung, et j’en passe), par mes expériences (les arts martiaux, l'enseignement, la solitude, les épreuves), par mes révoltes (contre le conformisme, contre la lâcheté, contre le mensonge confortable).