Hack informatique, chasse aux tireurs qui protège qui ?

Hack informatique, chasse aux tireurs qui protège qui ?

On va voir avec l’affaire du hack des données de la FFT le paradoxe du panoptique inversé : en gros, l'État surveille, fiche et contrôle ses citoyens au nom de la sécurité, mais ce faisant, il dessine pour les prédateurs une carte au trésor d'une précision chirurgicale. Ironie suprême ! Ces mêmes institutions qui exigent du tireur sportif qu'il déclare jusqu'à la dernière cartouche se révèlent incapables de protéger les données qui, une fois compromises, font de lui une cible parfaite ! On illustre ici magistralement ce que La Boétie appelait la servitude volontaire, c’est-à-dire : l’étrange propension qu'ont les hommes à forger eux-mêmes les instruments de leur asservissement, tout en croyant y trouver une protection.

Le côté pervers du fichage : transmuter la vertu en vulnérabilité !

Observons la victime de Villeurbanne : on y décrit un tireur sportif exemplaire, respectant scrupuleusement chaque article de la réglementation. Moins de 15 armes, un coffre-fort conforme, une traçabilité irréprochable. Un citoyen tel que l'État en rêve : docile, transparent, et prévisible. Et c'est précisément cette docilité qui le trahit ! Car voyez-vous, nous avons inversé les valeurs : ce qui devrait être vertu (la conformité) se transmute en vulnérabilité, tandis que l'opacité criminelle reste l'or véritable, intouchable, et insaisissable. Les cambrioleurs qui ont séquestré cet homme n'étaient pas des amateurs improvisés, ils connaissaient son adresse précise, l'existence de son coffre, et le contenu approximatif. Ils possédaient le grimoire que l'État avait soigneusement compilé. Nietzsche écrivait dans Ainsi parlait Zarathoustra : « L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : Moi, l'État, je suis le peuple »1. Ajoutons que : l'État prétend aussi être la sécurité, mais il fabrique des registres qui transforment ses administrés en proies recensées, étiquetées, et géolocalisées ! ça a été pareil avec la vague d’enlèvement sur les détenteurs de cryptomonnaies.

La cyberattaque d'octobre 2025

C’est 274 000 tireurs. Noms, adresses, numéros de téléphone, affiliations aux clubs. En octobre 2025, la Fédération française de tir subit ce qu'elle minimise pudiquement en « incident de sécurité ».

La chronologie est éloquente :

  • Octobre : cyberattaque sur la FFTir

  • Novembre : vols ciblés à Nice, Limoges, Décines

  • Décembre : séquestration à Villeurbanne

Certes, les enquêteurs « restent prudents » quant au lien de causalité. Mais dans un dojo, quand je vois un adversaire enchaîner trois coups avec cette précision rythmique, je ne parle pas de coïncidence, je parle de combinaison préméditée. Les criminels ne sont pas stupides ; ils savent lire les cartes que l'État leur dessine involontairement.

Le tir sportif ou l'archétype du citoyen transparent

Permettez-moi une digression martiale. Dans la boxe française que je pratique, nous enseignons le principe du jeu de jambes : ne jamais être là où l'adversaire anticipe que vous serez. Le tireur sportif légal, lui, est condamné à être exactement là où l'État le situe : domicilié, recensé, et prévisible.

La réglementation française impose :

  • Déclaration de toutes les armes

  • Stockage au domicile dans un coffre agréé

  • Limitation à 15 armes pour les détenteurs sportifs

  • Traçabilité des achats de munitions (3000 maximum par an)

Sur le papier, ces mesures « protègent la société ». Dans les faits, elles créent ce que j'appelle un effet de marqueur : celui qui respecte ces règles devient un point lumineux sur l'écran radar des prédateurs. Le criminel, lui, opère dans l'ombre totale : zéro déclaration, zéro traçabilité, liberté absolue de mouvement. Thoreau écrivait dans La Désobéissance civile : « La loi n'a jamais rendu les hommes plus justes d'un iota ; et par leur respect pour elle, les hommes bien intentionnés eux-mêmes sont transformés quotidiennement en agents de l'injustice ». Ici, ce n'est même plus l'homme qui devient agent de l'injustice, c'est la donnée administrative elle-même qui le désigne à l'injustice d'autrui.

Renverser la lanterne en plein jour

Diogène se promenait avec une lanterne en plein jour, cherchant un « homme véritable ». Si je devais imiter sa provocation aujourd'hui, je chercherais avec ma lanterne un fonctionnaire capable d'assumer la responsabilité de cette fuite de données. Car c'est là le cœur du scandale : l'État exige des citoyens une responsabilité totale (respecter chaque règle, sous peine d'amendes ou de prison), mais s'octroie lui-même une irresponsabilité institutionnelle absolue ! Un peu comme à l’époque des subprimes ou, me semble-t-il, un seul pays avait condamné des banquiers. La Fédération se contente de « consignes de prudence » : ne pas s'afficher, vérifier l'identité des policiers, rester discret. Autrement dit : débrouillez-vous avec les conséquences de notre négligence. C'est comme si, après avoir dressé la liste des maisons contenant des coffres-forts pleins d'or et l'avoir laissée traîner sur une place publique, on conseillait aux propriétaires de « renforcer leurs serrures ». En boxe française, quand mon adversaire baisse sa garde et me laisse un boulevard, personnellement, je frappe ! Mais si c'est mon entraîneur qui baisse volontairement ma garde devant l'adversaire puis me reproche ensuite de m'être fait toucher, nous quittons le domaine du sport pour entrer dans celui de la trahison.

L'impossible révolution pacifique : entre résignation et révolte

Mes convictions minarchistes me portent naturellement à défendre l'autonomie absolue de l'individu. Dans ce cas précis : si un citoyen souhaite pratiquer le tir sportif, posséder des armes pour ce faire, et accepte la responsabilité totale qui en découle, l'État devrait se limiter à garantir qu'il ne menace pas autrui, point final. Mais nous vivons sous un régime différent : celui du contrôle maximal assorti d'une protection minimale. L'État veut tout savoir, tout recenser, mais refuse d'endosser les conséquences lorsque son architecture de surveillance se retourne contre ceux qu'elle est censée surveiller pour les « protéger ». La Boétie notait que les tyrans ne sont puissants que de la puissance qu'on leur donne. Ici, les tireurs sportifs ont accepté le contrat social suivant : nous nous soumettons à vos règles, vous garantissez notre sécurité juridique. Or, le contrat est rompu unilatéralement. L'État continue d'exiger la soumission (fichage, déclarations, contrôles) mais ne peut plus garantir la contrepartie (protection des données, sécurité effective). Une révolution pacifique ? Elle me semble impossible. Pas parce que je souhaite la violence — mes années d'arts martiaux m'ont appris que la vraie maîtrise consiste à ne pas avoir à frapper, à être un artiste martial dans un jardin, plutôt qu’un jardinier dans un combat — mais parce que les institutions ne cèdent jamais leurs prérogatives par simple persuasion morale. Le monstre froid ne se réchauffe pas aux suppliques ; il ne recule que devant la désobéissance effective ou l'effondrement de sa légitimité.

Solutions ? Autonomie réelle versus autonomie théorique

Certains clubs proposent une solution pragmatique : stocker toutes les armes dans les infrastructures sportives, sous vidéosurveillance. Mais la FFTir elle-même reconnaît la faiblesse de cette approche : concentrer toutes les armes en un lieu unique transforme ces clubs en cibles de luxe pour des braquages d'envergure. Déplacer le risque n'est pas l'annuler ; c'est simplement le redistribuer avec des enjeux potentiellement plus graves.

D'un point de vue philosophique et pratique, voici ce que je préconiserais :

1. Réduire drastiquement le fichage centralisé

L'État n'a pas besoin de connaître l'adresse précise de chaque tireur. Un système décentralisé où seuls les clubs de tir locaux détiennent ces informations (sans base de données nationale unifiée) réduirait considérablement l'attractivité d'une cyberattaque. En termes de cybersécurité : fragmenter les cibles rend leur exploitation exponentiellement plus coûteuse pour l'attaquant.

2. Responsabiliser juridiquement les institutions

Aujourd'hui, lorsqu'une fuite de données survient, l'organisme concerné s'en tire avec des excuses et quelques recommandations. Il faudrait instaurer une responsabilité pénale et civile : si votre négligence en matière de sécurité numérique cause un préjudice avéré (vol, séquestration), vous en répondez devant les tribunaux. Cela inciterait à investir réellement dans la cybersécurité au lieu de la traiter comme un poste budgétaire facultatif.

3. Retour à l'autonomie réelle

Plutôt que d'imposer un modèle unique (coffre à domicile avec fichage centralisé), autoriser chaque tireur à choisir son mode de sécurisation selon ses contraintes personnelles — avec responsabilité pleine et entière en cas de vol résultant de négligence. Certains préféreront stocker au club, d'autres investiront dans des systèmes de sécurité sophistiqués à domicile, d'autres encore opteront pour des solutions mixtes. L'uniformisation administrative est l'ennemie de l'adaptation intelligente.

4. Crypter par défaut

Toute base de données contenant des informations sensibles devrait être chiffrée avec des standards militaires, avec des clés de déchiffrement fragmentées entre plusieurs autorités indépendantes. Une cyberattaque devrait déboucher sur un fichier inutilisable sans les multiples clés nécessaires pour le décrypter.

Accepter le coup pour mieux le rendre

Dans ma pratique sportive, j'ai appris un principe contre-intuitif : parfois, il faut accepter d'encaisser un coup pour créer l'ouverture qui permettra la riposte décisive. Les tireurs sportifs français encaissent en ce moment une série de coups — Villeurbanne n'est que le plus spectaculaire. Mais cette accumulation pourrait créer une prise de conscience collective suffisamment puissante pour remettre en question l'architecture entière du système de fichage. Lorsqu'un nombre critique de citoyens exemplaires réalise que leur vertu administrative fait d'eux des cibles, deux issues sont possibles :

  1. La résignation : ils abandonnent leur passion, rendent leurs armes, acceptent la défaite…

  2. La révolte : ils exigent collectivement une refonte complète du système !

L'histoire suggère que les institutions ne bougent que lorsque la seconde option devient trop coûteuse à ignorer. Nous n'en sommes pas encore là, mais chaque séquestration, chaque vol ciblé, rapproche ce point de bascule.

Conclusion

Je suis un hérésiarque, et j'assume ce titre. L'hérésie consiste à remettre en question les dogmes établis, non par goût de la provocation gratuite, mais parce que certaines orthodoxies sont devenues pathologiques. Le dogme actuel affirme : « Plus de fichage = plus de sécurité ». L'affaire de Villeurbanne et la cyberattaque de la FFTir démontrent l'inverse : plus de fichage = plus de vulnérabilité ciblée pour les honnêtes gens.

Nietzsche écrivait : « Il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante ». Le chaos actuel : là où la protection promise devient exposition subie, pourrait accoucher d'une étoile : un système réellement centré sur l'autonomie individuelle et la responsabilité assumée, plutôt que sur la surveillance bureaucratique et l'irresponsabilité institutionnelle ! Quant au tireur de Villeurbanne, ligoté pendant des heures dans son propre appartement, il incarne tragiquement la condition du citoyen moderne : obéissant, transparent, et vulnérable. Et surtout, il termine seul face aux conséquences de sa transparence forcée. La vraie sécurité ne viendra jamais d'un État qui surveille. Elle émergera le jour où vous reprendrez le contrôle de votre propre opacité.


Cliquez ici pour obtenir Le discours de la servitude de La Boetie

Cliquez ici pour obtenir La désobéissance civile de Thoreau

Cliquez ici pour obtenir Ainsi Parlait Zarathoustra de Nietzsche

Cliquez ici pour télécharger le guide de l'ANSSI sur leur site


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