Création du concept de percée, en lien avec Nietzsche
- Dan Duchateau
- PHILOSOPHIE, NIETZSCHE
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Dans son ouvrage Nietzsche à Sorrente, Iorio utilise le terme d’épiphanie pour désigner des moments de révélations où Nietzsche perçoit quelque chose de nouveau. Chez Iorio, les « épiphanies Nietzschéennes » sont bien plus qu’esthétique, elles ont une portée épistémologique. C’est donc, non pas une simple illumination, mais une révélation profonde. Si le terme d’épiphanie chez Iorio n’est pas « Chrétien » dans ce cadre, il en fait néanmoins résonner un arrière-fond malgré lui. Pour éviter cela, je pense que nous pourrions remplacer le terme par celui de dévoilement qui colle bien avec la démarche de démasquage des idoles de Nietzsche ; mais pour rendre hommage à son caractère provocateur et brutal de philosophe au marteau, il me parait pertinent, – et quelque peu amusant, je dois l’avouer – de lui préférer le terme de « Percée ». Pourquoi ? Car dans l’idée d’une percée, il y a l’idée d’un franchissement violent et en même temps chirurgical (ce qui n’est pas sans rappeler le côté philosophe-médecin de Nietzsche). Je pense que l’utilisation du mot « percée » traduit mieux la nature des moments de pensées intenses qu’a eu Nietzsche. Voici comment je définirais la « percée » afin d’en faire un concept propre : un moment de rupture où la pensée traverse la surface des illusions et des habitudes pour atteindre les profondeurs de l’existence. La percée est un acte violent qui arrache la chair des certitudes ! Elle n’apporte pas de vérité ultime, mais créer des perspectives, ainsi qu’un espace inédit de création. Elle est en ce sens, un geste critique (elle démasque), et vitale (elle fait advenir de nouvelles valeurs).