Comprendre ce qui nous rend heureux par la notion Bergsonienne de Durée
- Dan Duchateau
- PHILOSOPHIE
- 2 comments
Est-il possible que notre perception du temps influence directement notre bien-être ? La philosophie de Bergson, un philosophe français, nous donne une bonne matière pour réfléchir à cette question. Dans cet article, je vais parler de sa notion de Durée et comment elle se distingue de la mesure scientifique du temps, pour ensuite comprendre son impact sur notre bien-être.
Bergson et sa conception du Temps
Pour Bergson, le temps ne peut se réduire à une simple mesure scientifique. Il propose en ce sens, une distinction claire entre le temps mesuré objectivement et la Durée, qui est une réalité intérieure de notre expérience temporelle. Bergson oppose donc le temps vécu, concret et continu, à celui de la science, qui est une projection dans l'espace. Du côté de la physique on va quantifier et spatialiser le temps, alors que du côté de la psychologie, la durée va être une expérience intuitive et subjective. La Durée, selon Bergson, n'est pas un simple instant, c’est un flux intérieur continu. Elle s'étend vers le passé et le futur, en englobant toute notre expérience vécue. Cette conception nous amène à voir le temps non pas comme une série d'instants isolés, mais comme un tout indivisible, un tout mouvant.
La Durée pour repérer son bien-être
Bergson nous amène à réfléchir à l'impact de notre perception du temps sur notre bien-être. Une expérience positive de la Durée, où le temps est vécu comme un flux continu, peut mener à un sentiment de joie. Imagine que tu es en train de faire quelque chose que tu aimes vraiment, comme jouer avec tes amis, lire une histoire passionnante, ou dessiner. Quand tu fais ces choses, tu remarques que le temps passe très vite, n'est-ce pas ? Avant même que tu t'en rendes compte, des heures se sont écoulées et tu n'as même pas vu le temps passer. C'est parce que, pendant ces moments-là, tu es totalement absorbé et heureux. Tu es tellement concentré sur ce que tu fais que tu oublies de regarder l'horloge. C'est un signe que tu es bien, que tu te sens heureux et satisfait. C'est ce que la Durée de Bergson nous aide à comprendre.
Maintenant, imagine que tu dois faire quelque chose qui ne te plaît pas du tout, comme attendre longtemps dans une file ou faire un travail ennuyeux. Dans ces moments-là, chaque minute te semble durer une éternité. Tu regardes souvent l'horloge et le temps semble passer très lentement. Tu te sens impatient, ennuyé, ou même triste.
Quand le temps passe vite pour nous, c'est souvent parce que nous vivons des moments qui nous rendent heureux et qui sont bons pour nous. Quand le temps semble s'étirer et passer lentement, c'est plus souvent un signe que nous ne nous sentons pas bien, que nous sommes ennuyés ou malheureux. Donc, si tu veux savoir comment tu te sens, pense à la manière dont tu perçois le temps. Si le temps passe vite, c'est probablement parce que tu fais quelque chose qui te plaît et qui te rend heureux. Si le temps passe lentement, c'est peut-être le moment de changer d'activité pour trouver quelque chose qui te fait sentir mieux. C'est comme un petit guide intérieur pour savoir comment tu te sens vraiment.
Tu as trouvé cet article utile ou intéressant ? Partage-le, et laisse un commentaire pour me dire ce que tu en penses !
Ne t’arrête pas là ! Rejoins ma newsletter en t'inscrivant avec ton email pour recevoir des conseils exclusifs et des exercices pratiques pour devenir un maître de l'argumentation. Par ailleurs, j'ai créé un carnet d'écriture afin que tu puisses t'exercer et t'améliorer ! La théorie, c'est bien, mais c'est par la pratique que tu pourras l'incarner et te sculpter en ce que tu désir ! Pour acquérir ce carnet (seulement disponible en format physique) clique ici !
Envie d’aller plus loin ? Découvre mes formations complètes, cours interactifs et ebooks spécialement conçus pour t’aider à développer une pensée critique et affiner tes arguments. Visite la page Formations en cliquant ici et commence à transformer ta manière de communiquer dès aujourd'hui !
PS : Ma première formation sur des techniques avancées d'argumentation est disponible en cliquant ici !
2 comments
Pour ma part, la lecture de Bergson et celle de beaucoup de vulgarisation scientifique me poussent à voir dans la durée le mouvement continu d’un réel qui est advenu et qui devient continuellement. « La durée est le progrès continu du passé qui ronge l’avenir et qui gonfle en avançant. Du moment que le passé s’accroît sans cesse, indéfiniment aussi il se concerte. » (Bergson, L’évolution créatrice, p. 4, Quadrige/PUF). On peut contester mon idée, mais je crois que ces deux phrases s’appliquent d’abord à tout ce qui est, et pas seulement à la psychologie humaine… Mais il faudrait trop de temps pour developper assez…
Je crois avec toi que "ces deux phrases s'appliquent d'abord à tout ce qui est". Et j'irai même plus loin, en hérésiarque assumé : il n'y a que la durée. Ce que nous appelons choses, substances, objets stables, ne sont que des ralentissements, des cristallisations provisoires du flux temporel. Comme les vagues ne sont pas "dans" l'océan mais sont l'océan en mouvement, les choses ne sont pas "dans" le temps mais sont du temps coagulé, momentanément stabilisé.
Voilà pourquoi notre époque me semble si tragiquement égarée : nous avons spatialisé le temps, nous l'avons tué en le découpant, en le mesurant, et encore pire : en le gérant comme une ressource. Nous avons oublié que vivre, c'est durer, c'est porter en soi l'épaisseur du passé et l'ouverture du possible !
Chaleureusement,
Dan